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Langkofel (Sasso Lungo)

Récit d’une d’ascension en haute-montagne à 3 180 mètres d’altitude.

Cette montagne élégante et imposante ne passe pas inaperçue et se distingue depuis la Valgardena ou elle exerce une attraction que ne peut laisser indifférent. Accouplée à sa jumelle “sasso piatto” (de l’italien “caillou plat) cette chaîne montagneuse formée du “Sasso Lungho” (Pierre longue ou Langkofel) et du “Sasso Piatto” offre des paysages et des parcours de randonnées hauts en couleur tout autour de sa chaîne. Vous pourrez arpenter ses sentiers et découvrir ses chalets portant le nom de “malga” et y apprécier ses spécialités que seul le Sud-Tirol peut proposer à l’instar du strudel… Belle découverte du beau Sud-Tirol !

Comment s’y rendre ?

Depuis l’Italie, continuez vers BOLZANO (BZ) puis prendre en direction de BRESSANONE et remonter la Val Gardena en direction de ORTISEI et SANTA-CRISTINA.

Carte routière MICHELIN (Italie)

Carte en relief SASSO PIATTO et SASSO LUNGO

Parcours de randonnée

Cette ascension est très difficile GRADE AD+

Le parcours de cette randonnée comporte des zones à risques avec le passage de certaines arêtes sommitales qui demandent la plus grande vigilance. Randonnée Passion tient à rappeler qu’elle ne saurait être tenue pour responsable en cas d’accident. Cette page a pour but le récit et non l’incitation.

Il faut rejoindre le refuge Toni Demetz à la Forcella del Sassolungo (2681 m) qui se trouve entre Sasso Lungo et Sasso Piatto et à partir de cet endroit, il vous sera nécessaire de descendre pendant environ 200 mètres environ le sentier n° 525 en laissant derrière vous Passo Gardena et vous dirigeant vers les sentiers menant aux Alpi di Siusi.

L’accès afin de récupérer le chemin «Passo dei Fassani » ou « Cengio dei Fassani » en suivant l’empreinte du sentier assez visuelle direction NW et qui remonte en direction du contrefort latéral de Sassolungo. Ce sentier se distingue clairement puisqu’il monte clairement.

Cengia dei Fassani (Rebord des Fassan)

A partir de ce point le baudrier et le casque sont vivement recommandés.

Vous serez en permanence sur des passages latéraux et particulièrement vertigineux. Les appuis manuels sur la roche sont excellents par temps secs, de même pour les appuis au niveau des membres inférieurs.

Vous remontez toujours en direction de deux cheminées successives assez praticables avec de bonnes enjambées.

Après un sentier légèrement en pente, la Cengia dei Fassani présente une courte interruption, qui est surmontée en descendant le long d’un gros rocher (crochet présent pour un éventuel rappel). Ensuite poursuivre en direction d’un autre court tronçon de corniche, puis quelques mètres de descente et d’un autre canal plus large que vous remontez.

A noter que ce parcours est ainsi jusqu’au glacier de Sasso Lungo, parcours exigeant qui nécessite une parfaite lecture du terrain montagneux à appréhender.

Versant Nord

Redescendre 5 m et suivre la vire qui se dirige vers ce qui reste du glacier du Sasso Lungo. Remonter le sentier jusqu’à la base du Canalone Basso. Ce sentier est clair et ne pose aucun problème.

Canalone Basso (canal bas)

Le couloir de neige/glace s’évite par les rochers de la rive droite. En principe cela ne pose aucun problème surtout en période estivale. Suivre d’abord la crête (III+, piton scellé), puis aborder la paroi qui surplombe le couloir glacé (barreaux d’échelle scellés en forme de U) afin de remonter la cheminée étroite et enfin, un câble permet d’accéder à la brèche Forcella Canalone Basso. Descendre 10 m et par un sentier traverser l’amphithéâtre d’éboulis (2900 m).

Gola delle Guide (Couloir ou gorge des Guides)

Accéder au Couloir des Guides par son extrême gauche (rive droite), le remonter en traversant progressivement vers la droite (grade III) puis (grade I, gravillonnés) sous la tour “pyramide” en évitant un gros bloc coincé par la gauche (grade III, anneau de rappel) pour arriver à la brèche au pied de la pyramide. Monter sans difficulté sur 50 m pour atteindre le bivouac Giuliani (3100 m), refuge en forme de caisson métallique de couleur vert qui permet de réaliser l’ascension en deux temps ou en cas de mauvaises conditions météorologiques.

Torre Gialla (Tour jaune)

Etes-vous toujours en forme ? (siète sempre in zampe ?)

Tour raide au-dessus du bivouac (grade III+, piton). Une très belle verticalité !

Dernière difficulté et pas des moindres, magnifique éperon aux couleurs jaune dont l’ascension se fait par son approche latérale droite. Les appuis sont bons, roche saine par temps sec, mais le souffle court, la poitrine haut pressées, il faut l’escalader sur une hauteur inférieure à 80 mètres environ.

Une fois cette difficulté passée, vous accéder des montées successives en direction de la ligne de crêtes.

Arête sommitale

Succession de brèches et de passages dans les pierriers, trous, roches. Accès se fait sur des courbes en direction du SE pour atteindre le sommet principal. Vous y trouverez « il libbro di vette » dans un caisson en aluminium sur lequel vous pourrez inscrire vos noms et date, témoignage de votre ascension sommitale sur la cime du très prisé Sasso Lungo ou Sasslonger ou Langkofel.

Retour

Descente par le même itinéraire, permettant la descente en rappel grâce à de nombreux nœud de cordes et anneaux positionnés sur la roche. Selon le nombre de rappels, la descente peut prendre plus de temps que la montée, généralement +/-20% de temps en plus. Le gardien du refuge conseille fortement de faire demi-tour au plus tard à midi et d’entamer alors la descente.

Remarques

Montagne assez difficile cotée en grade AD+ avec de nombreux passages aériens et vertigineux. Sasso lungo ce n’est pas rien, c’est une montagne très technique qui donne beaucoup de satisfaction mais demande beaucoup de concentration et d’effort.

Nous sommes bien là en haute montagne et la présence d’un guide de haute montagne à vos côtés est vivement recommandée. L’intérêt de l’ascension se trouve dans la recherche de l’itinéraire et l’anticipation dans les manœuvres de choix de passage autant en ascension, qu’en descente en rappel.

C’est à ce titre que je recommande vivement la présence d’un Guide de Haute-montagne de Selva Gardena disposants d’une excellente connaissance du terrain surtout en cas de changement de météo, brouillard, pluie, entre autres.

Grade : AD+

Dénivelée : modeste depuis la Forcella del Sassolungo +/- 500 m mais avec un développement de 1500 mètres.

Roche : Bonne prise et bons appuis

Equipements : Baudrier, mousquetons, corde 50 mètres, casque.

Autres recommandations : Présence d’un guide de haute-montagne.

Un immense remerciement à Thomas Planker Guide de haute montagne du bureau des guides de Selva Gardena pour m’avoir accompagné et fait partager l’histoire de cette mythique montagne.

 

Cartes utiles: VAL DI FASSA et DOLOMITI FASSANE N°6 – Edition TABACCO

http://www.tabaccoeditrice.com

Carte KOMPASS n°616 VAL GARDENA
http://www.kompass.at

Livre utile : “A PIEDI IN VAL GARDENA” GUIDE ITER
http://www.iteredizioni.it

L’histoire en question

Les Dolomites (en italien Dolomiti) sont un massif des Préalpes orientales méridionales. Elles s’élèvent en Italie (Trentin-Haut-Adige et Vénétie). Depuis le 26 juin 2009, les Dolomites sont inscrites au Patrimoine mondial de l’UNESCO.Au sens large, elles sont également un ensemble des Alpes composé des Alpes de Fiemme et des Préalpes vicentines.Elles tirent leur nom de la « dolomite », roche calcaire d’origine marine nommée ainsi par Nicolas Théodore de Saussure en hommage à Déodat Gratet de Dolomieu, le géologue français du XVIIIe siècle qui fut le premier à l’étudier. Avant cette appellation somme toute récente, elles étaient couramment appelées Monti Pallidi, les « montagnes pâles ».Les spectaculaires Dolomites étaient, il y a des millions d’années, un massif de corail. Les bastions dolomitiques se composent en grande partie de récifs coralliens pétrifiés ayant grandi dans la Téthys à la fin du Trias inférieur. Ces roches sont appelées dolomites et portent différentes variantes de noms selon leur nature précise et leur localisation.Géomorphologiquement parlant, la rupture se fait entre les Alpes vallonnées et les récifs raides de calcaire. Ceux-ci s’élèvent dans un jaillissement vigoureux, parfois parfaitement vertical, jusqu’à une hauteur d’environ 3000 mètres et sont aplatis au sommet. D’où l’aspect si singulièrement « architectural » des Dolomites, qui se décline dans une impressionnante variété formelle : donjons, tourelles, clochers, coupoles, cirques, forteresses ou murailles démantelés qui dominent, tout d’un bloc, des paysages de forêts ou de pâturages.La délimitation très nette et la modeste étendue des massifs expliquent leur multiplicité, ainsi que celle des courtes vallées qui les séparent, reliées entre elles par autant de cols. Ces massifs étaient jadis recouverts de glaciers notables, mais désormais le seul encore existant est celui de la Marmolada. Contrairement aux autres montagnes calcaires, les Dolomites ne possèdent pratiquement pas de grottes et le phénomène karstique y est quasiment inexistant.Les alpages sont nombreux. Sur son flanc occidental, le massif compte notamment le plus grand pâturage d’altitude d’Europe : l’Alpe de Siusi. Jusqu’à 1800 m versant nord (ubac) et 2200 m versant ensoleillé (adret), la végétation est formée par des forêts principalement de conifères : sapin rouge, sapin blanc et pin sylvestre, et plus haut pin cembro et pin des montagnes.
Nombre d’espèces de fleurs sont protégées : la campanule, le crocus, l’ancolie des Dolomites, l’orchidée des Alpes, l’édelweiss, l’œillet des Alpes, l’achillée des Alpes, etc. Beaucoup d’alpages sont connus pour leur magnificence et leur prospérité au printemps.
Le climat des Dolomites en général est essentiellement continental. En été, il pleut beaucoup, du coup les alpages sont très verts ; le pic des précipitations est atteint en juillet, avec 130 à 135 mm dans le massif du Sella par exemple. En automne, les chutes de neige précoces assurent généralement un bon manteau blanc pour l’hiver. Les températures sont sensiblement inférieures à celles enregistrées dans les Alpes occidentales, et même à celles du reste des Alpes orientales. Janvier et décembre sont les mois les plus froids, alors que juillet et août sont les plus doux. Cependant, l’arrivée soudaine d’une masse d’air froid peut apporter des chutes de neige en plein été.
Les Dolomites sont le berceau du Ladin et forment la frontière linguistique entre l’allemand et l’italien. Les Ladins habitent avant tout quatre vallées partant du Sella : le Val Gardena, le Val di Fassa, la vallée de la Cordevole (Livinallongo) et le Val Badia.Les migrations des populations ont abouti à faire du massif des Dolomites le domaine linguistique latin, bien que partiellement germanisé, avec l’apparition du Tyrol et l’intégration du Trentin dans le Saint-Empire Romain germanique dès le Moyen Âge, par les colons bavarii, et malgré la remontée actuelle de l’italien depuis le sud alors que le ladin lutte depuis longtemps pour sa survie.La frontière entre l’Allemagne ou plus exactement l’Autriche et l’Italie passait pendant tout le Moyen Âge jusqu’à l’époque napoléonienne, ainsi que durant la période de 1866 à 1918, par les Dolomites. Elle suivait approximativement la limite actuelle entre la province autonome de Bolzano d’une part et le Trentin et la Vénétie d’autre part, exception faite de Cortina et de la haute vallée du Cordevole, qui étaient autrichiennes.En 1915, lorsque l’Italie entre en guerre aux côtés des Alliés, le front s’installe le long de la frontière, dans les montagnes. Les Italiens, malgré leurs offensives, réussissent seulement à occuper Cortina et la haute vallée de la Cordevole. À beaucoup d’endroits, des traces de la guerre (tunnels dans la roche, fortifications, éclats d’obus rouillés) sont encore visibles, en particulier celles des bombardements du Col di Lana. Bon nombre de chemins de randonnée actuels étaient alors des voies d’approvisionnement. 

Pour cette ascension particulièrement technique, je vous recommande de vous faire accompagner d’un Guide Alpin de la Valgardena. Le bureau des Guide de haute montagne est basé à Selva-Gardena. Je tenais à remercier inifinement Thomas PLANKER Guide de haute montagne basé à Selva et dont Sasso Lungo n’a plus de secret pour lui.

Données indicatives :

Dénivelée ++    →   +/- 550 mètres
Dénivelée —    →   +/- 500 mètres
Durée totale    →   Tout dépend du niveau, minimum 6h30.
Dépense énergétique    →   environ 2500 calories

Randonnée du 15 août 2020

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